L’âge de l’impensable de Joshua Cooper Ramo : pour survivre, innovons !

Il y a certains ouvrages qui ne vous laissent pas indifférent, certains ouvrages qui, une fois refermés, vous laissent l’impression d’avoir acquis une clé qui vous ouvre la porte d’un nouveau monde. L’ouvrage de Joshua Cooper Ramo est de ceux-là.

Vous vous dites sûrement d’un ton goguenard que l’envolée lyrique n’est pas justifiée. Voici quelques éléments pour vous faire une idée.

L’auteur, peage_impasableu connu en France et en Europe, est une véritable icône aux Etats-Unis, où il est connu autant comme le plus jeune directeur de rédaction du Time Magazine que comme l’un des spécialiste les plus éminents de la Chine et, au passage, comme le directeur de Starbucks et de Fedex (rien que ça). En 2009, le monsieur au CV bien rempli a donc publié The Age of the Unthinkable (L’Âge de l’Impensable), qui est très vite devenu un best-seller publié dans plus d’une douzaine de langues.

Ce qui a fait le succès de cet ouvrage est la thèse défendue par l’auteur. Cet ouvrage nous pose en effet une question aussi pertinente que dérangeante : comment faire pour s’adapter aux nombreux bouleversements que subit l’ordre mondial ?

Ainsi, pour Ramo, s’adapter aux changements est impossible et vain. « La guerre contre le terrorisme a produit plus de terroristes, le combat contre la crise financière semble précipiter sa venue… ». Selon lui, seule une remise en question totale de nos modes de pensée et une approche radicalement différente de notre environnement peuvent nous permettre de faire face.

Tout au long de cet ouvrage, il développe donc sa thèse, composée de deux parties : la première décrit notre stratégie actuelle obsolète et figée dans des concepts dépassés, puis la seconde nous donne les clés de sa nouvelle stratégie, celle de la sécurité profonde.

Loin d’un ouvrage aux théories aussi exubérantes que révolutionnaires, Ramo nous livre ici une analyse pertinente de l’état du monde et cherche à nous guider vers les solutions. Argumentant sans cesse ses propos, il les illustre d’exemples aussi variés qu’étonnants. On passe ainsi des techniques de guérilla du Hezbollah à l’invention de l’iPod, du marché des armes chinois à la création de la Wii, etc.

Même s’il enfonce quelques portes ouvertes, il tente une nouvelle approche à la croisée des mondes, entre relations internationales, économie, sociologie et nouvelles technologies. Son ouvrage se fonde sur des références solides allant de Clausewitz à Hannah Arendt en passant par Clayton. Là est la force de ce livre, qui plaira autant à l’étudiant en sciences politiques qu’aux geeks invétérés (l’un pouvant aller avec l’autre). Ainsi, malgré quelques défauts et surtout un américano-centrisme parfois lourd à digérer, cet ouvrage a le mérite d’innover et de bousculer le pessimisme ambiant.

Alexandre Martinet

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