Quand la Russie jette l’ancre sur les centrales nucléaires…

Le projet des centrales nucléaires flottantes russes (CNF) date d’une dizaine d‘années, la volonté étant de fabriquer 8 CNF pour alimenter des infrastructures pétrolières, minières et gazières, mais aussi des bases militaires et des bases de lancement de missiles, ainsi que d’améliorer la distribution en électricité dans les régions les plus reculées de la Russie. Ce projet est à l’initiative de l’agence fédérale de l’énergie atomique.

Une CNF coûte approximativement 270 millions d’euros et 40% de son budget est consacré à la sécurité de la construction. La structure est inspirée des brise-glaces, ce qui leur permet de résister à des températures extrême et « de résister à un crash d’un Boeing 747 », selon l’Agence Fédérale de l’Energie Atomique.

Le principal avantage qu’elles représentent est leur rentabilité en termes d’électricité produite et de coût, car elles ne dégagent pas de gaz à effet de serre et offrent des possibilités de désalinisation de l’eau permettant d’alimenter en eau potable les populations dans le besoin. De plus, elles n’ont besoin d’être rechargées en uranium (enrichi à 14%) que tous les 12 ans et ont une durée de vie globale de 38 ans.

Cette volonté de produire des centrales à faible proportion d’uranium et de les placer dans des lieux reculés diminuerait les risques pour les populations avoisinantes. Ce projet participerait ainsi à la création d’emploi et mettrait en avant le savoir faire Russe en matière de nucléaire.

La Russie souhaite mettre en place une stratégie de location des CNF pour les pays émergents, principalement ceux souffrant des pénuries d’eau et d’électricité : elle contourne ainsi les normes de non-prolifération nucléaire.

Les prévisions de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) indiquent que le marché de l’eau atteindra près de 12 milliards de dollars d’ici 2015. Ce projet intéresse donc, autant dans les domaines publics que dans le privé. En effet, des entreprises seraient intéressées par les CNF notamment pour alimenter leurs plateformes pétrolières. Pas étonnant, car celles-ci leur permettraient d’économiser 100 000 tonnes de fuel et de charbon par an.

Actuellement 20 Etats se disent intéressés par les CNF. En avril 2013, la Chine a même proposé à Moscou de coopérer sur ce projet. Cet éventuel partenariat russo-chinois serait axé autour de la coproduction et la co-exploitation des CNF.

La France doit-elle voir cette nouvelle génération de centrales nucléaires comme un danger pour un secteur dans lequel elle apparaît compétitive ?

Ne devrait-elle pas rapidement revoir son positionnement, ou sa réputation basée sur la sûreté de son nucléaire suffira-t-elle à préserver sa place ?

Pour en savoir plus :

–          http://fr.ria.ru/business/20130423/198151507.html

–          http://www.portail-ie.fr/article/150/Le-potentiel-d-exportation-des-centrales-nucleaires-flottantes-russes

–          http://www.portail-ie.fr/article/148/Les-centrales-nucleaires-flottantes-russes-nouveau-defi

Un article rédigé par Tatiana Goeddertz et Floriane Derainne

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